Baromètre des chaussures, juillet 2026
Un mois de juillet exceptionnellement chaud et sec n’a pas automatiquement été synonyme de mois record pour le commerce de détail de chaussures en Belgique. La canicule a dissuadé les clients de se rendre en magasin dans de nombreuses localités, mais elle a en même temps donné un coup de pouce considérable aux ventes de sandales et de mules. Les soldes affichent également une évolution notable: les commerçants indépendants font preuve de plus de discernement en matière de remises et surveillent mieux leurs marges. Malgré ces défis, la confiance dans le secteur reste intacte.
La canicule redéfinit les ventes
Les vagues de chaleur successives ont été tout sauf une aubaine pour la plupart des détaillants de chaussures belges. Alors que le soleil ne cessait de battre des records de chaleur, l’affluence des clients est restée plutôt modérée dans de nombreux endroits.
Il y a heureusement eu des exceptions. Dans les communes côtières et certains centres touristiques, les caisses ont tourné à plein régime et de beaux chiffres d'affaires ont été enregistrés.
Les températures tropicales ont également eu une influence notable sur le comportement d’achat. Les sandales et mules pour femmes se sont vendues comme des petits pains, tandis que les baskets semblaient contraintes de faire une pause estivale. Le mois de juillet s’est même terminé avec plus de sandales vendues que de baskets – un revirement remarquable que nous n’avions plus observé depuis des mois.
La trêve estivale politique s’est également avérée être un coup de chance inattendu. Que ce soit une coïncidence ou non, l’absence du flot quotidien d’informations sur les déficits budgétaires, les mesures d’austérité et autres casse-têtes financiers a permis de respirer un peu. Parfois, l’absence de nouvelles est bel et bien une bonne nouvelle.
Par ailleurs, le commerce en ligne a continué d’afficher d’excellentes performances. Les acteurs internationaux tels que Bol.com, Shein et d’autres géants comme Amazon n’ont pas été les seuls à faire des affaires en or. Un certain nombre de petits détaillants de chaussures belges, qui avaient investi massivement ces dernières années dans une boutique en ligne professionnelle, ont également vu leurs efforts récompensés. Certes, ce groupe reste minoritaire et n’est pas représentatif de l’ensemble du secteur. Mais pour ceux qui ont su miser à temps sur le numérique, la récolte de ce printemps et de cet été s’est avérée particulièrement abondante. Ou, pour le dire en termes de chaussures : ils avaient clairement une longueur d’avance sur les autres.
Chiffre d'affaires et nombre de paires vendues en juillet 2026
Chiffre d’affaires de juillet 2026 par rapport à juillet 2025
Max: +12 %
Min: -13 %
Moyenne: -1 %
Nombre de paires en juillet 2026 par rapport à juillet 2025
Max: +12 %
Min: -12 %
Moyenne: +1,4 %
Chiffre d'affaires cumulé du 1er janvier 2026 au 31 juillet 2026 par rapport à la même période en 2025
Max: +3 %
Min: -10 %
Moyenne: -4,3 %
Nombre de paires depuis le début de l'année (du 1er janvier 2026 au 31 juillet 2026) par rapport à la même période en 2025
Max: +1 %
Min: -10 %
Moyenne: -5,2 %
Ventes en juillet 2026 par catégorie d'acheteurs – chaussures pour femmes et pour hommes uniquement
Femmes: 70 %
Hommes: 30 %
Moins de réductions pendant les soldes
Le commerce de détail de la chaussure semble avoir tiré les leçons du passé. Alors qu’avant la crise du coronavirus, les détaillants indépendants réagissaient souvent à la vitesse de l’éclair aux promotions des chaînes et des discounters, ils optent aujourd’hui de plus en plus souvent pour une stratégie plus réfléchie. En effet, il n’est pas nécessaire de répondre immédiatement à chaque promotion d’un concurrent par une remise encore plus importante. Heureusement, car une marge bénéficiaire saine est finalement plus rassurante qu’un stock écoulé sans rendement.
Une arme inefficace
Depuis des années, les réductions constituent l’arme de prédilection des grands acteurs du marché. Dans cette guerre des prix, le 'petit' commerçant indépendant peut difficilement s’immiscer sans se tirer une balle dans le pied. En effet, les chaînes et les magasins discount bénéficient non seulement de conditions d’achat plus avantageuses, mais aussi de stocks plus importants et donc de davantage de marge de manœuvre pour jouer sur les prix.
Heureusement, on observe depuis quelques années un revirement notable dans la mentalité des commerçants de chaussures indépendants. Alors que la vente liée était autrefois souvent utilisée comme une sorte de moyen de persuasion 'magique' pendant la période d’interdiction des soldes, ce n’est aujourd’hui plus du tout le cas partout. Même pendant le mois des soldes de juillet, les réductions sont progressivement augmentées avec un peu moins d’enthousiasme que par le passé. Chaque année, on enlève prudemment un petit bout de cette réduction — comme si l’on essayait, à l’aide d’un fin rabot, d’éviter que la marge ne s’effrite complètement.
Réductions pendant les soldes de juillet 2026 par rapport à juillet 2025
Augmentation de la remise: 6 %
Réduction moindre: 40 %
Reste inchangée: 54 %
Évolution de la remise moyenne au cours du mois de juillet 2026
Début juillet: 21,3 %
Mi-juillet: 29 %
Fin juillet: 31,3 %
En moyenne nationale, la remise est passée de 21,3 % au début des soldes à 29 % au milieu du mois, pour finalement s’établir à 31,3 % en fin de mois. Finies les hausses de prix effrénées, place à une baisse maîtrisée, avec le frein à main légèrement serré.
Il convient une fois de plus de souligner qu’il s’agit ici de moyennes — et comme toujours dans le commerce : les moyennes en disent long, mais ne reflètent jamais toute la réalité. Notre enquête révèle en effet que seuls 6 % des commerçants ont accordé des remises plus importantes que l’année dernière. Une majorité de 54 % s’en est tenue aux mêmes niveaux de remise, tandis que 40 % de nos confrères se sont même montrés délibérément moins généreux avec les étiquettes rouges.
Il est par ailleurs frappant de constater qu’un certain nombre de commerçants spécialisés ont même choisi cette année de ne plus participer du tout au jeu classique des soldes. Pas de réductions, pas de spectacle, mais simplement: de la qualité, du service et un prix qui ose regarder les clients droit dans les yeux tout au long de l’année.
Jusqu'à quand durent les soldes?
La période légale des soldes s’étend du 1er au 31 juillet, même si, dans la pratique, ce calendrier ressemble davantage à une suggestion qu’à un engagement strict. Moins de 15 % des commerçants respectent encore à la lettre ce calendrier. L’attitude vis-à-vis des soldes a donc profondément évolué au cours des vingt dernières années — et depuis l’arrêt ZEB, les règles du jeu semblent à nouveau en pleine mutation.
Les opinions sur les soldes et les nouvelles collections divergent fortement, souvent en fonction du type de magasin et de la clientèle cible. Les enseignes axées sur la mode, qui vivent du renouveau et de leur sens des tendances, doivent sans cesse proposer quelque chose de nouveau à leurs clients. L’immobilisme y est littéralement synonyme de régression. À l’inverse, il y a les magasins 'de proximité', qui s’adressent souvent à une clientèle plus âgée, où la vitrine peut sans problème 'respirer' un peu plus longtemps. Là, le temps n’est pas un ennemi, mais plutôt un allié fidèle.
Quelques slogans caractéristiques issus du terrain en disent long: "soldes tant qu’il fait beau", "soldes jusqu’à fin septembre" ou tout simplement "toujours un coin de bonnes affaires dans le magasin". En d’autres termes: les soldes sont devenues flexibles — presque aussi extensibles qu’une bonne paire de lacets élastiques.
Et quand la nouvelle collection sera-t-elle disponible?
Là encore, la réponse est étonnamment simple: dès qu’elle arrive. De plus, les nouvelles collections arrivent de plus en plus tôt. L’Italie livre désormais dès le début du mois d’août, car c’est à ce moment-là que commence la grande exode des vacances. Et ce qui arrive doit bien sûr être payé — un détail qui figure rarement dans la vitrine, mais bien dans la comptabilité.
De plus, il y a le client lui-même: il y a toujours des lève-tôt qui veulent être les premiers à faire leur choix, pour être sûrs d’avoir la bonne couleur et la bonne pointure. Et le monde de la mode y contribue : le prêt-à-porter démarre lui aussi de plus en plus tôt, si bien que les chaussures suivent sagement le mouvement. Ou plutôt : elles prennent parfois même un léger d’avance.
Qu’a-t-on vendu en juillet?
Pendant le mois des soldes, on vend à peu près tout. Les invendus de la saison en cours, les articles délaissés et les modèles qui prennent la poussière depuis un certain temps dans les rayons trouvent enfin leur chemin vers le client.
Le rapport classique de 70 % pour les femmes et 30 % pour les hommes reste d’ailleurs remarquablement stable. Dans les magasins proposant des chaussures pour femmes, hommes et enfants, on observe toutefois un changement net: l’offre pour enfants diminue d’année en année. Ce segment est de plus en plus souvent pris en charge par des magasins spécialisés dans les chaussures pour enfants, des boutiques pour enfants (qui proposent également des chaussures en plus des vêtements et des jouets), sans oublier les magasins discount qui s’imposent de plus en plus fermement sur le marché.
"On fait de plus en plus d’économies sur les chaussures pour enfants", entend-on souvent. Et cela n’a rien d’illogique: les pieds des enfants grandissent parfois jusqu’à trois pointures par an. "Et nos chaussures marron ne tiennent pas le coup", se plaint-on souvent. Or, on trouve désormais des chaussures pour enfants à partir de 15 euros la paire — et celles-ci doivent tenir quelques mois seulement.
Optimisme quant à l’avenir
Évaluation de la marche des affaires à l’heure actuelle:
Positif: 37,5 %
Neutre: 38 %
Négatif: 24,5 %
Perspectives pour le second semestre:
Positives: 46 %
Neutre: 33 %
Négatives: 21 %
Malgré les difficultés rencontrées par le commerce de détail de la chaussure – et le nombre croissant de magasins indépendants qui disparaissent faute de succession ou de rachat –, le moral dans le secteur reste étonnamment solide. C’est un constat indéniable : le nombre de magasins diminue, non seulement dans le secteur de la chaussure, mais aussi dans pratiquement tous les segments du commerce de détail. Cela entraîne une augmentation des locaux vacants et un certain appauvrissement du paysage des commerces de proximité.
Depuis des années, on prédit l’arrivée d’un "grand nettoyage": les acteurs les plus faibles disparaîtraient, tandis que seuls les commerces les plus solides et les plus spécialisés subsisteraient.
Dans le même temps, il existe toujours une catégorie de consommateurs qui se soucie peu des tempêtes économiques. Des personnes qui continuent de réserver des croisières, de fréquenter les meilleurs restaurants et de se rendre dans des boutiques de luxe comme si c’était la chose la plus normale au monde. Une minorité, certes, mais qui permet de maintenir un marché de niche.
Notre mini-enquête révèle en outre un état d’esprit étonnamment équilibré. À la question sur la marche actuelle des affaires, plus des trois quarts des commerçants répondent de manière neutre (38,5 %) ou positive (37,5 %). Seule une minorité porte un regard véritablement négatif sur la situation actuelle.
Quant à l’avenir, l’optimisme est même encore un peu plus grand: près de la moitié (46 %) envisage l’avenir avec optimisme, 33 % restent neutres et seul un sur cinq est plutôt pessimiste.
Malgré tous les défis – et parfois même malgré les chiffres eux-mêmes –, l’espoir et la résilience restent donc les maîtres mots du secteur. Et cela redonne du courage aux citoyens. Ou, comme l’a formulé un collègue: "Allumons une bougie…"