Baromètre Shoes mai 2026: optimisme après un mois très chaud aux résultats contrastés
Le Baromètre de la chaussure de mai 2026 révèle une situation très contrastée au sein du secteur belge de la vente au détail de chaussures. Alors que certains commerçants ont vu leur chiffre d'affaires augmenter de plus de 30 %, d'autres ont dû faire face à de fortes baisses, ce qui se traduit par une dispersion sans précédent des résultats. Malgré ces grandes disparités, le secteur enregistre en moyenne une légère croissance du chiffre d'affaires, alimentée par un mois de mai exceptionnellement chaud et une reprise prudente de la confiance des consommateurs dans les magasins.
Chiffre d'affaires et nombre de paires vendues en mai 2026
Chiffre d'affaires mai 2026 par rapport à mai 2025
Max : +12 %
Min : -10 %
Moyenne : +1,9 %
Nombre de paires en mai 2026 par rapport à mai 2025
Max : +11 %
Min : -10 %
Moyenne : -1,8 %
Chiffre d'affaires cumulé du 1er janvier 2026 au 31 mai 2026 par rapport à la même période en 2026
Max : +11 %
Min : -11 %
Moyenne : -6,5 %
Nombre de paires depuis le début de l'année (du 1er janvier 2026 au 31 mai 2026) par rapport à la même période en 2025
Max : +3 %
Min : -12 %
Moyenne : -6,9 %
Ventes en mai 2026 par groupe d'acheteurs
Femmes : 61 %
Hommes : 20 %
Enfants : 10 %
Autres (accessoires, vêtements, etc.) : 9 %
Des résultats très contrastés
Il est rare que les résultats de notre enquête révèlent des écarts aussi importants. Comme d'habitude, les extrêmes ne sont pas pris en compte dans le calcul des moyennes, mais les pourcentages les plus élevés et les plus bas en termes de chiffre d'affaires pour le mois de mai 2026 ont battu tous les records : de -27 % à +34 %.
Et non, ce ne sont pas de véritables exceptions, plusieurs collègues commerçants se démarquent, tant à la hausse qu’à la baisse.
Les commentaires ne mentent pas non plus : de « un bon retour » à « pas bon du tout », et de « tranquille » à « très mauvaise saison ».
Au vu des données dont nous disposons, nous n’avons aucune explication à cela. On observe ces extrêmes tant dans les grandes villes qu’à la campagne, tant dans les boutiques haut de gamme que dans les magasins grand public.
Selon la Banque nationale de Belgique, l’indicateur de confiance des consommateurs recule pour le quatrième mois consécutif. En avril, la confiance est tombée à -9, puis à -10 en mai. Elle se situe désormais à son plus bas niveau depuis début 2025. L'IRM parle d'un « mois très chaud ».
Chiffres et commentaires
Il n’est bien sûr pas facile de parler de résultats globaux avec des chiffres aussi disparates. Si l’on prend la moyenne entre -30 % et +30 %, on aboutit bien sûr à un statu quo, mais de nombreux collègues ne peuvent s’y retrouver.
Pourtant, les pourcentages donnent un résultat plutôt encourageant. Le chiffre d’affaires moyen a augmenté de 1,9 % par rapport à mai de l’année dernière (= plus de hausses que de baisses !), mais le nombre de paires vendues a en revanche baissé de 1,8 %.
Pour l'ensemble des cinq premiers mois de 2026, on parle d'une baisse moyenne du chiffre d'affaires de 6,5 %, avec 6,9 % de paires vendues en moins.
Pourtant, la plupart des commentaires sont plutôt positifs, et pour le moins encourageants, même chez les commerçants qui n’ont pas vu leur chiffre d’affaires augmenter.
D'une manière générale, la tendance reste toutefois prudente. Une remarque qui revient souvent est le manque de nouveaux modèles et de coupes originaux dans les collections. « Il n’y a rien de nouveau sur le marché », telle est la plainte. Cela signifie que les achats pour la saison prochaine seront très difficiles et devront être mûrement réfléchis.
Combien de temps cette mode des sneakers va-t-elle encore durer ? Va-t-elle rester une constante dans le paysage de la chaussure ? Combien de temps la transition vers le commerce en ligne va-t-elle encore se poursuivre ? Ce phénomène remet de plus en plus en question l’existence du commerce de détail traditionnel. La vacance croissante des magasins dans les centres-villes et parfois aussi dans les communes est la preuve visible que des changements sont en cours dans le paysage commercial.
Le commerce électronique de chaussures
En 2025, les Belges ont dépensé environ 18,3 milliards d'euros en achats en ligne, mais les bénéfices reviennent principalement à des géants étrangers tels que Shein et Temu, selon une étude de la fédération du commerce électronique Becom. Ils continuent d'afficher des taux de croissance de 30 %, malgré leur réputation douteuse, selon la directrice générale Greet Dekocker. Chaque jour, près de 4 millions de colis en provenance d'Asie arrivent dans notre pays.
L'année dernière, les Belges ont dépensé 5,4 % de plus en achats en ligne qu'en 2024, dont 832 millions d'euros en chaussures. Si l'on se base sur un prix de vente en ligne moyen de 60 à 90 € par paire (un mélange de baskets, de chaussures pour enfants, de chaussures de sport et de chaussures de mode), cela signifie que la Belgique reçoit probablement entre 7 et 11 millions de paires de chaussures par an via le commerce électronique.
Converti en moyenne journalière, cela représente entre 19 000 et 30 000 paires de chaussures livrées chaque jour via le commerce électronique. Cela équivaut à peu près à une paire de chaussures livrée en ligne par Belge et par an. Les chaussures font partie, avec les vêtements, des catégories de produits les plus populaires en ligne en Belgique.
Couleurs et modèles
Couleurs pour femmes mai 2026
Beige, sable, camel : 41 %
Blanc : 20 %
Bleu : 19 %
Or : 12 %
Divers, noir, couleurs vives, combinaisons : 8 %
Couleurs pour hommes mai 2026
Cognac, marron, camel : 42 %
Bleu : 21 %
Divers, blanc, combinaisons : 16 %
Beige : 11 %
Taupe : 10 %
Modèles pour femmes mai 2026
Sandales : 42 %
Baskets : 31 %
Chaussures de ville : 14 %
Divers, escarpins, tongs : 13 %
Modèles pour hommes mai 2026
Baskets : 56 %
Chaussures de ville : 25 %
Divers, sport, chaussures de marche, tongs : 19 %
Au cours du mois de mai dernier, les femmes ont surtout acheté des sandales (42 %) et, bien sûr, des baskets (37 %). La part des chaussures de ville plus classiques se limite à 14 %. Dans la palette de couleurs, le beige (dans toutes ses variantes) arrive largement en tête avec près d'une paire sur deux (41 %), suivi du blanc (20 %) et du bleu (19 %).
Chez les hommes, l'accent est toujours mis sur les baskets (56 %), suivies par les chaussures de ville classiques (25 %). Ici, toutes les nuances de marron (camel, cognac,…) remportent la mise (42 %), suivies du bleu (21 %).
Quant au choix des enfants, on peut se limiter à la catégorie « divers », allant des sandales aux baskets dans toutes les couleurs et combinaisons possibles.
La répartition traditionnelle par groupe d'acheteurs dans les magasins de chaussures continue d'osciller autour de 61 % de chaussures pour femmes, 20 % pour hommes et 10 % pour enfants.
La croissance des ventes d’articles autres que les chaussures dans les magasins de chaussures classiques est frappante. De plus en plus de commerçants élargissent leur gamme avec des vêtements, des sacs à main, de la petite maroquinerie et d’autres accessoires. Ils tentent ainsi de compenser la perte de chiffre d’affaires dans leur activité principale.
Les magasins sont ouverts en moyenne 46 heures par semaine
Le (petit) magasin de chaussures belge traditionnel, comptant 1 ou 2 points de vente et 1 à 3 employés, est ouvert en moyenne 46 heures par semaine, réparties sur 6 jours en moyenne, demi-journées comprises, qui tombent généralement le lundi et le dimanche.
Certains collègues sont moins actifs (?) avec un minimum de seulement 33 heures d'ouverture par semaine, d'autres restent à la disposition des clients jusqu'à 59,9 heures par semaine.
À première vue, ces heures d'ouverture restent inchangées, malgré le fait que le gouvernement souhaite supprimer le jour de fermeture obligatoire et prolonger les heures d'ouverture quotidiennes jusqu'à 21 heures.
Les associations de commerçants partent du principe que des horaires d'ouverture plus longs n'augmentent pas le nombre de ventes, mais ne font que les répartir davantage.
Fin de la loi sur les soldes ?
Le Conseil d'État annule les amendes infligées à trois chaînes de vêtements pour avoir utilisé le terme « soldes » en dehors des périodes de soldes imposées, peut-on lire dans De Tijd. Selon la juridiction, la législation belge n'est pas conforme au droit européen.
Quelle est la portée de cette décision ? En principe, un tel arrêt ne s’applique qu’aux affaires spécifiques qu’il traite. Cela ne signifie donc pas que les dispositions législatives relatives aux périodes de soldes sont officiellement abrogées. Sur le papier, les autorités peuvent toujours infliger des amendes en cas d’infraction. Mais ces arrêts offrent désormais à ceux qui se voient infliger des amendes pour des infractions similaires un précédent leur garantissant presque à coup sûr le remboursement de ces amendes.
Dans la perspective de la période des soldes qui commence le 1er juillet, nos ministres soulignent que les règles générales en matière de protection des consommateurs, conformes au droit européen, restent pleinement applicables. Ainsi, les réductions de prix doivent toujours être calculées sur la base du prix le plus bas pratiqué par les commerçants au cours des 30 derniers jours.
Ce que l'avenir nous réserve dépendra de ce que nous apportera le mois de juin : cette ambiance positive va-t-elle perdurer ? Nous l'espérons sincèrement.