Baromètre de la chaussure, juin 2026
Le commerce de détail de chaussures traverse une période difficile

Le commerce de détail indépendant de chaussures a encore connu un mois difficile en juin. En moyenne, le chiffre d'affaires a baissé de 3,4 % par rapport à l'année dernière, même si le nombre de paires vendues a légèrement augmenté. Les vagues de chaleur, la pression persistante sur les marges et l'évolution des comportements des consommateurs continuent de peser sur le secteur. Pourtant, une partie des commerçants de chaussures continue de croire en un second semestre plus favorable et cherche activement des moyens de se démarquer.
Les chiffres
Chiffre d’affaires et nombre de paires vendues en juin 2026
Chiffre d'affaires de juin 2026 par rapport à juin 2025
Max : +6 %
Min : -12 %
Moyenne : -3,4 %
Nombre de paires en juin 2026 par rapport à juin 2025
Max : +6 %
Min : -11 %
Moyenne : +1,2 %
Nombre de clients au cours du premier semestre 2026 par rapport au premier semestre 2025
Stable : 54 %
En hausse : 11 %
En baisse : 35 %
Une fois de plus, tout comme le mois dernier, les chiffres d’affaires et le nombre de paires vendues dans les magasins de chaussures sont très hétérogènes.
Certains collègues ont affiché des chiffres très positifs, mais la majorité a tout de même dû enregistrer une nouvelle fois une baisse par rapport à juin de l’année dernière.
Dans les statistiques, nous avons, comme à l’accoutumée, exclu les chiffres extrêmes, tant à la hausse qu’à la baisse, ce qui nous amène à des résultats moyens affichant une baisse de 3,4 % du chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière.
Il est toutefois positif de constater qu’en moyenne, 1,2 % de paires supplémentaires ont été vendues en juin 2026 par rapport au sixième mois de l’année dernière.
Tout comme le mois dernier, il convient de prendre ces pourcentages avec des pincettes. Pour ceux qui ont dû enregistrer des chiffres très négatifs, comme pour les chanceux qui ont affiché une forte hausse, ce -3,4 % n’a aucune pertinence.
La seule conclusion que l’on peut en tirer est que, à l’échelle nationale, les affaires ont été moins bonnes.
Les promotions en juin
Traditionnellement, juin est le mois qui précède les soldes. Depuis que la vente liée a été autorisée en juin, le principe des « pré-soldes » s’est largement généralisé au cours de ce mois.
Mais là aussi, on freine un peu : ces dernières années, les ventes liées ont de moins en moins eu lieu en juin, et certainement pas dès le début du mois.
Dans de nombreuses communes, des festivités locales, des marchés nocturnes et des braderies sont organisés au cours de la deuxième quinzaine de juin. La plupart des commerçants y participent, et une fois ces festivités terminées, on observe certes quelques ventes liées à l’approche du mois de juillet, mais beaucoup moins que les années précédentes.
« Moins de chiffre d'affaires = moins de bénéfices, et il est de toute façon impossible de rivaliser avec les chaînes de magasins », tel est le raisonnement.
Vagues de chaleur
En juin et début juillet, l’Europe occidentale a dû faire face à de nombreuses vagues de chaleur, et notre pays n’a pas été épargné. Un observateur impartial pourrait penser que c’est une excellente nouvelle pour les ventes d’articles d’été, mais ce n’est généralement pas le cas : le consommateur reste à l’intérieur, au frais, et savoure une boisson rafraîchissante.
La climatisation dans les magasins et les parkings ombragés constituent certes des atouts, mais les achats se limitent tout de même aux traditionnelles tongs et sandales. On lit également que les clients ne sortent qu’après 17 heures pour échapper à la chaleur.
Quant à la génération plus âgée, elle ne sort pas du tout.
Les températures élevées sont toutefois un véritable coup de pouce pour les ventes en ligne, en particulier pour les articles spécifiquement liés au soleil et à l’été.
Les magasins du littoral ont eux aussi fait des affaires en or grâce à cette chaleur.
Prolongation de la période des soldes
Selon la réglementation du SPF Économie, la période traditionnelle des soldes d’été est limitée à la période du 1er au 31 juillet.
Ces derniers mois, la période des soldes a fait beaucoup parler d’elle, car la chaîne de vêtements ZEB n’est plus tenue de respecter les périodes traditionnelles de soldes. Grâce à un arrêt du Conseil d’État, la chaîne est autorisée à utiliser le terme « soldes » et à proposer des réductions tout au long de l’année. C’est le résultat d’une bataille juridique de 15 ans contre l’État belge.
La question est de savoir quelle est la portée de cette décision, comme on peut le lire dans De Tijd. En principe, un tel arrêt ne s’applique qu’aux affaires spécifiques qu’il traite. Cela ne signifie pas pour autant que les dispositions législatives relatives aux périodes de soldes soient abrogées. Sur le papier, les autorités peuvent toujours infliger des amendes en cas d’infraction. Mais ces arrêts constituent un précédent pour ceux qui se voient infliger des amendes pour des infractions similaires, leur donnant la quasi-certitude que ces amendes seront annulées.
Le fait est que la grande majorité des commerçants organisent des soldes pendant plus d’un mois. Certains ont déjà commencé fin juin, et la grande majorité continue à proposer des réductions jusqu’à bien avancé dans le mois d’août, surtout si les conditions météorologiques ne sont pas encore hivernales.
« L’hiver est encore long », entend-on souvent.
Pourtant, un grand nombre de commerçants présentent déjà la nouvelle collection dès son arrivée. Pour les clientes (femmes) qui veulent être absolument sûres de leur taille et de leur couleur.
Achats pour la saison prochaine
Près de la moitié des commerçants de chaussures belges achètent moins, ou ont l’intention d’acheter moins que la saison précédente.
En soi, c’est souvent une décision positive, car cela permet de vendre un pourcentage relativement plus élevé des collections, ce qui se traduit par une meilleure rentabilité et davantage de bénéfices en fin de saison.
En moyenne, les achats diminuent d’environ 7 %, ce qui semble logique. Attention toutefois : si cela se produit chaque saison, les stocks diminuent, et donc le chiffre d’affaires aussi, ce qui n’est pas le but recherché. Il s’agit donc de peser le pour et le contre et de trouver le juste milieu.
Taxe à l’importation sur les colis en provenance de pays hors UE
Le mois dernier, il a été décidé que l’Union européenne prélèverait une taxe à l’importation de 3 euros sur les colis en provenance de pays hors UE dont la valeur est inférieure à 150 euros. C’est une victoire pour la concurrence loyale. Notre marché européen et de nombreuses PME belges ne peuvent pas rivaliser avec les pratiques déloyales et les prix pratiqués par les boutiques en ligne internationales.
L’UNIZO prévient que cette mesure n’aura d’effet que si la Belgique peut conserver une part équitable des recettes afin de supporter les coûts élevés liés aux contrôles. « Si nos services douaniers et d’inspection doivent assumer cette charge de travail, nous sommes en droit d’attendre que la Belgique puisse également conserver une part suffisante des recettes pour financer du personnel, des moyens et des technologies supplémentaires. Sinon, les chances d’être pris en flagrant délit resteront faibles et cela ne changera pas grand-chose pour nos entrepreneurs », déclare Bart Buysse, administrateur délégué de l’UNIZO.
De nombreux collègues et instances estiment d’ailleurs que cette taxe pourrait sans aucun doute être portée à 5 euros, voire plus.
Que nous réserve le second semestre ?
L’évaluation et les prévisions quant à l’avenir sont mitigées : les pessimistes utilisent des termes tels que « difficile », « la chaussure n’est plus un produit phare », « seuls quelques privilégiés sont encore prêts à dépenser de l’argent pour des chaussures », « peu d’avenir pour les magasins multimarques », « les fournisseurs nous font eux-mêmes concurrence via leurs propres magasins ou boutiques en ligne », et d’autres perles du même genre.
Mais à l’inverse, nombreux sont les collègues qui sont fiers de leur métier et aiment le montrer. On lit alors « ne pas baisser les bras », « le métier de cordonnier est le plus beau des métiers », « nous rendons les pieds heureux », « rester inventif et rechercher en permanence des nouveautés qui plaisent aux clients », « attendre avec impatience les nouvelles collections », et d’innombrables autres commentaires positifs.
Le fait est que nous devrons apprendre à vivre avec ce nouveau contexte : non seulement sur le plan commercial, mais aussi sur le plan social, où de nombreux défis se posent à l’ensemble de la communauté.
Nous espérons de tout cœur pouvoir rédiger dans les mois à venir des baromètres agréables, positifs et prometteurs ; pour la rédaction aussi, c’est bien plus agréable !
Nous gardons le moral !