BAROMETRE DES AFFAIRES JUIN 2020
LE CORONAVIRUS BOULEVERSE LES CHIFFRES
Il est déjà arrivé plus d’une fois que nous disposions de chiffres et pourcentages divergents pour établir le baromètre des affaires. Les données relatives au mois de juin 2020 sont tellement divergentes que les moyennes, extraites de ces chiffres, donnent une fausse idée de la situation. Certains collègues vendeurs de chaussures sont parvenus à réaliser jusqu’à 10% de chiffre d’affaires en plus au cours de ce mois de juin que durant le même mois en 2019. D’autres ont, en revanche, vendu jusqu’à 30% de moins. Et nous faisons abstraction ici des chiffres extrêmes (en positif comme en négatif).
PLUS ET MOINS SOUS LE SIGNE DU CORONAVIRUS
Nous en arrivons ainsi à une ‘moyenne’ de -10,5% en chiffre d’affaires et -15,7% en nombre de paires pour juin 2020, par rapport à juin 2019. Nous avons contrôlé ces données et cherché à comprendre. Les chiffres donnés sont bien corrects, aussi étrange cela puisse-t-il sembler pour certains. Une explication: chacun fait tout son possible pour compenser au mieux les pertes résultant de la crise et dans cette optique, les moyens les plus divers sont employés: réductions, ventes couplées, extension ou lancement d’une boutique en ligne, livraison à domicile, pancartes sur le trottoir ... et ainsi de suite.
On remarque toutefois que les chiffres (provisoires) du premier semestre évoluent parallèlement chez la plupart des commerçants, et fluctuent entre -20% et -35% par rapport au premier semestre de 2016. Nous ne disposons pas encore de graphiques définitifs concernant ce premier semestre. Vous les retrouverez dans l’édition imprimée de Shoes Magazine, qui sortira fin août. Mais une ligne claire se dessine tout de même.
SOUTIEN POUR LIMITER LES DEGATS
La question portant sur ce qui a influencé le commerce de chaussures durant le mois de juin donne lieu à une réponse unanime: le coronavirus est sur toutes les lèvres. Il y a eu des pertes, cela ne fait aucun doute. Celui devant fermer son magasin de longues semaines en pleine saison réalise forcément moins de chiffre d’affaires. Il est clair aussi que le chiffre d’affaires perdu n’est pas compensé lorsque le magasin rouvre ses portes. Une accro au shopping ne s’offre pas soudainement quatre paires de chaussures parce que les magasins sont ouverts. Le commerçant a tout de même obtenu via divers biais quelques compensations des autorités. Si cela a quand même mis du baume au cœur des ‘plus petits’ commerçants, cela ne représentait rien de plus qu’un peu d’argent de poche pour les plus grosses affaires. Le commerce de détail de chaussures compte en tout cas dans notre pays sur le soutien de tous les maillons de la chaîne: les autorités, les banques, les bailleurs, les consommateurs et également les fournisseurs, dont on attend une certaine souplesse et une certaine compréhension pour les paiements (et éventuellement un report de paiement).
OPTIMISME
Pourtant, l’atmosphère régnant parmi les détaillants en chaussures indépendants n’est en général pas trop négative. “Ne pas se lamenter mais retrousser ses manches et saisir toutes les opportunités”, tel est le message. That’s the spirit, c’est ainsi que réagissent les indépendants en général, et les vendeurs de chaussures en particulier.