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30/08/2019 - VEERLE BEIRNAERT

MILLE PETITS CŒURS POUR SOUTENIR LE COMMERCE DE DÉTAIL

Un tsunami en ligne peut inverser la tendance

La Bottega fermerait ses portes. Et pourtant pas, heureusement … Cela s’est révélé être un ‘coup’ d’Unizo, pour dynamiser les ‘achats locaux’. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Et les réactions sur les médias sociaux ont provoqué un tsunami. Chez Unizo, on a voulu créer une onde de choc. C’était une nécessité, car c’est la seule façon d’initier un changement de comportement. La campagne ‘Winkelhier’ a suscité des émotions et ce n’est que le début, car cette action sera encore étoffée. Ceci permet d’obtenir des résultats à long terme, tout comme la campagne Bob.

WINKELHIER

Le mercredi 12 juin en matinée, on pouvait lire sur l’étalage du magasin de mode bien connu à Hasselt La Bottega le message suivant: “Nous arrêtons. Merci pour toutes ces années." Mais dans le courant de la journée, on a ajouté quelque chose: "Nous n’arrêtons pas encore. Merci pour toutes ces années où vous avez acheté ici. Achetez sciemment chez des entrepreneurs d’ici." L’action fait partie de la campagne 'Winkelhier' de l’organisation d’entrepreneurs Unizo et a été lancée dans les cinq provinces flamandes. Toutes le mercredi matin, avec un timing parfait, dans cinq commerces appréciés: La Bottega à Hasselt, Bakkerij Goossens à Anvers, et aussi à Leuven (Slagerij Rondou), Gand (Paard van Troje) et Courtrai (Brooklyn).

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LA BOTTEGA

Pour soutenir l’action dans le Limbourg, le choix s’est porté évidemment sur La Bottega. La Bottega est un nom très réputé dans le Limbourg et en dehors. Ils ont évolué d’un magasin de chaussures vers un authentique magasin de mode et en outre, ils attirent un large public – des fashionistas branchés aux hommes qui désirent la qualité et aux dames élégantes de 50+. Ils se portent garants d’un service impeccable, également via leur webshop séduisant et efficace, et encore un atout supplémentaire: leur présence est excellente sur les médias sociaux.

“Plus de mille petits cœurs”

"Ce fut une journée pleine d’émotions", résume Rosalie Fabry. Elle est la responsable e-commerce de La Bottega. “Lorsque le message de la fermeture imaginaire est apparu sur les médias sociaux, ce fut une onde de choc illustrée par des larmes et des visages en pleurs. Dans la vie réelle aussi, des clients ont fondu en larmes. Et lorsqu’il fut évident qu’il ne s’agissait que d’une campagne choc et que nous restions donc ouverts, des témoignages de soutien réconfortants nous ont aussitôt été adressés. Ce fut une chouette ambiance, très positive. En peu de temps, plus de mille petits cœurs sont apparus sur Instagram et plus de mille likes ont également été postés sur Facebook."

Impact sur les chiffres de vente?

Rosalie Fabry: "Nous avons observé une petite hausse des ventes au cours des jours qui ont suivi l‘action. Mais il est toujours difficile d’établir le lien avec un seul événement. D’autres actions étaient en cours sur les médias sociaux et nous avions nos publipostages ordinaires … donc, plusieurs facteurs sont toujours en jeu."

Unizo actie winkelhier winkel lokaal shop lokaal shoplokaal shoplocal shop local Unizo actie winkelhier winkel lokaal shop lokaal shoplokaal shoplocal shop local PROBLEMATIQUE

“Un ancien mal”

 “Oui ,il y a un problème“, confie Danny Van Assche, administrateur délégué d’UNIZO. “Et il ne cesse d’empirer. Le chiffre d’affaires dans le retail belge continue de baisser. Le problème n’est pas tellement le fait que nous achetons en ligne, mais bel et bien que nous effectuons souvent ces achats sur des webshops étrangers. Nous effectuons 50% de nos achats d’e-commerce à l’étranger et ceci est un pourcentage plus élevé que ce que l’on constate dans nos pays voisins. Le consommateur achète en toute innocence à l’étranger sans réfléchir au fait que notre propre économie s’embourbe et que de plus en plus de magasins disparaissent dans le centre de nos villes et villages.”
“Tous les Belges achètent pour 5,5 milliards d’e-commerce à l’étranger. Cela signifie que l’Etat belge perd de cette manière 1,1 milliard de recettes de TVA. Et l’emploi dans le retail continue aussi de baisser, d’année en année. Et pourtant, il n’est pas si difficile de redonner un solide stimulant à notre économie: si chaque Belge dépensait 100 euros de plus par an dans un magasin belge, cela équivaudrait à 1785 nouveaux emplois dans le retail.”

Rue commerçante triste

“L’offre dans nos rues commerçantes devient peu à peu triste et mince. Les commerces qui disparaissent, sont souvent les petits magasins avec des produits uniques. Ce sont de chouettes adresses qui obtiennent de bons résultats en termes d’originalité, mais n’enregistrent pas pour cela des bénéfices monstrueux. Ils ne peuvent pas supporter les prix locatifs élevés ou ne peuvent plus se maintenir à flot, tout court. Il est dommage de voir ces chouettes adresses disparaître, car elles créent l’ambiance dans les rues. Ce qui reste, ce sont les chaînes que l’on retrouve dans chaque ville. A la longue, Hasselt ressemble à Roulers ou à Gand. Ce n’est plus que l’uniformisation, et ce n’est quand même pas le but?”

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"Lorsqu’il fut évident qu’il ne s’agissait que d’une campagne choc et que nous restions donc ouverts, des témoignages de soutien réconfortants nous ont aussitôt été adressés", raconte Rosalie Fabry de La Bottega

UN WEBSHOP EST-IL LA SOLUTION?

"J’ai une bonne nouvelle à annoncer", raconte Isolde Delanghe, Directeur de Mode Unie. “Un webshop est souvent un lourd investissement, c’est vrai, mais chacun ne doit pas consentir cet investissement. Un propre webshop est un must pour des commerces de mode réellement grands tels que La Bottega. Ils ont le personnel pour actualiser une telle plateforme et traiter les commandes en ligne. Pour un commerce de taille petite ou moyenne, un tel webshop est irréalisable et heureusement aussi, pas nécessaire. Mais ils doivent bel et bien être veiller à une visibilité numérique. Je veux dire qu’ils ont besoin d’un site web et aussi être présents sur les médias sociaux. Montrer de nouvelles choses sur Facebook ou Instagram, c’est à conseiller. Vous pouvez certainement mettre en valeur la nouvelle collection à venir sur les médias sociaux. Enfilez vous-même les nouveaux vêtements et prenez de chouettes photos. C’est bien plus authentique que travailler avec des modèles. Et vous créez vite une belle interaction avec les clients. Vous verrez que les messages affluent aussitôt, comme: "Vous avez encore cette robe bleue en taille Medium?" Et le jour suivant, ils se rendent dans le magasin pour essayer tous ces articles fantastiques.”

QUI A BEL ET BIEN BESOIN D’UN WEBSHOP?

• Les détaillants qui se situent dans un marché de niche. Ils ont souvent des clients qui ne viennent pas de la commune ou de la province. Pour eux, il est pratique de commander en ligne;
• Les futurs jeunes talents créatifs: des créateurs débutants qui n’ont pas encore de points de vente dans les grands centres-villes.