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06/08/2019 - MARIE VERHULST

LE SUCCÈS DU MAGASIN CEZAR REPOSE SUR UN INSTINCT INFAILLIBLE

Lien Deceuninck a réalisé son rêve il y a cinq ans

A une époque où les magasins de chaussures qui ferment, sont plus nombreux que ceux qui ouvrent, Lien Deceuninck a décidé il y a presque cinq ans de réaliser son rêve: avoir son propre magasin de chaussures pour enfants. Et pour elle, la tendance négative ambiante est une force. En effet, les choses ne peuvent que s'améliorer. Son magasin est l'endroit idéal, lorsqu'on cherche des chaussures branchées pour les petits. Sa vision est basée sur des achats intelligents induits par un instinct infaillible. Et c'est un véritable succès: l'établissement enregistre une croissance chaque année!

lien deceuninck

Un rêve devenu réalité

Lien Deceuninck: “J'ai une formation d'infirmière sociale, mais j'ai toujours rêvé d'ouvrir un magasin de chaussures pour enfants. Après mes études, j'ai commencé à travailler au CLB et c'est toujours le cas. Mais lorsque ce bâtiment s'est libéré, j'ai franchi le pas et réalisé mon rêve. Pour le moment, j'adore mes deux jobs et j'ai envie de les garder tous les deux. Par conséquent, le magasin n'est pas ouvert tous les jours: uniquement le mercredi, le jeudi après-midi, le vendredi après-midi et le samedi. Lors des grosses périodes, j'ouvre aussi le dimanche matin et pendant les vacances scolaires, je suis à la maison et je peux ouvrir le magasin à temps plein. Cela fonctionne très bien comme ça.”

Troisième enfant

“Cela fait presque cinq ans que nous avons ouvert et je ne l'ai jamais regretté. Nous enregistrons une croissance chaque année et chaque année, j'accueille de nouveaux clients qui viennent d'un peu plus loin. Mon mari comptable n'aurait jamais osé imaginer que nous en serions déjà là aujourd'hui. Dans le cadre de son métier, il voit beaucoup de magasins de chaussures qui ont du mal, surtout ceux pour les enfants. Mon magasin s'appelle Cezar. C'est un nom que j'avais en tête depuis longtemps. En fait, je considère cet établissement comme mon troisième enfant. Son nom s'inscrit donc dans la lignée de ceux de mes enfants: Olivia et Achille.”

Succès

“Je pense que le secret de notre succès réside dans nos achats intelligents. Je suis persuadée que tout repose sur une bonne politique d'achat. C'est quelque chose que j'ai dû apprendre, mais j'ai remarqué que je peux me fier à mon instinct quasi aveuglément. Au début, je faisais bien 'mes devoirs' afin d'être correctement préparée et d'effectuer de bons achats. Ainsi, je savais parfaitement les pointures qui se vendaient le mieux ou les modèles qui marchaient moins bien. Je le fais toujours mais plus comme avant. Au début, j'étais parfois un peu trop prudente. Il faut oser acheter pour proposer suffisamment de choix aux clients. Mais je trouve ça important de conserver un bon équilibre afin d'avoir un stock sain.”

Magasin spécialisé en chaussures pour enfants

“J'ai toujours rêvé très spécifiquement d'un magasin de chaussures pour enfants. Même si ce segment présente pas mal de défis, je pense que si on a une bonne offre, on trouvera des clients. J'ai aussi choisi de me limiter aux enfants, parce que sinon, l'offre devient trop vaste. Quand je fais quelque chose, je veux le faire parfaitement. Je sens de plus en plus la demande d'acheter un nombre restreint de chaussures pour les mamans branchées. Celles-ci aiment bien se voir proposer un assortiment qu'elles ne trouveraient nulle part ailleurs. Le choix est beaucoup plus limité, ici. Le rayonnement du magasin évoque davantage une passion qu'un job. Pas un seul jour, je n'ai ouvert en traînant les pieds. Si ça arrive, je mettrai la clé sous le paillasson.”

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Vente plus difficile

“Je dirais qu'il est plus difficile d'acheter des chaussures pour des enfants que pour des adultes. Lorsqu'on vend des chaussures pour enfants, il faut être très attentif à la forme du pied et au chaussant. Surtout pour les pre­mières chaussures. Les enfants n'arrivent pas encore à exprimer s'ils ont bien le pied dans une chaussure. C'est pour ça qu'il est beaucoup plus difficile d'acheter des chaussures pour enfants en ligne.”

Frustration

“En fait, l'aventure de Cezar est née d'une frustration avec mes propres enfants. Je trouvais peu de magasins de chaussures pour enfants dans le coin avec une offre suffi­samment grande et belle. Je devais parfois aller jusqu'à Gand pour trouver quelque chose. C'est aussi ce que je remarque avec mes propres clients, qui viennent parfois de loin. Mais clients sont surtout des jeunes parents branchés en quête de quelque chose de différent et surtout de chaussures de qualité pour leur enfant. Ils sont moins attentifs au prix. Ils sont disposés à payer un peu plus cher pour une chaussure de qualité. Parfois, j'ai des clients qui ont acheté une chaussure à 40 euros pour leur enfant puis qui se sont rendu compte que son petit pied n'était pas bien dedans et qui ont compris qu'il ne faut pas regarder au prix pour une bonne chaussure.”

“Si vous avez une bonne offre, les clients viendront tout seuls”

Offre

“En ayant deux enfants en bas âge, j'avais un bon aperçu du marché et des marques existantes. Pour composer mon offre, j'ai beaucoup regardé autour de moi, téléphoné, contacté des représentants et visité des salons. Je n'ai pas de style spécifique. Mais vous ne trouverez pas vraiment de chaussures classiques chez moi. En outre, je choisis toujours d'avoir une vaste offre d'une certaine marque plutôt qu'un seul modèle de plein de marques différentes. Lorsqu'on a une bonne marque, c'est mieux lorsque les clients ont suffisamment de choix au sein de cette marque.”

La différence se joue sur des détails

“J'essaie vraiment de me distinguer des autres magasins de chaussures en étant étroitement impliquée dans la conception. J'adore com­poser une chaussure moi-même. Quand je fais mes achats, j'essaie toujours de choisir la couleur, le cuir et plusieurs autres détails sympas afin de créer une chaussure unique. Mais je veille toujours à ce que la chaussure reste facile à porter. Si elle est trop spéciale, les gens ne l'achèteront pas. Nous sommes connus pour ça, aujourd'hui. Je trouve que cet aspect créatif est une des choses les plus chouettes du métier.”

Aménagement DIY

“Cela faisait des années que j'avais l'aménagement du magasin en tête. Je voulais avant tout un magasin où les enfants se sentiraient à l'aise immédiatement. La petite maison avec télévision et coin jeu est un véritable succès. Les enfants demandent spontanément quand ils retourneront 'au magasin avec la petite maison'. Je voulais aussi que le magasin soit coloré, mais sans tomber dans la cacophonie. Il était aussi important que cet aménagement ne nécessite pas un gros budget. Et nous y sommes arrivés! J'ai fait beaucoup de choses moi-même: j'ai poncé, verni et peint toutes les boiseries. J'ai aussi assemblé et peint les étagères. Je fais aussi la vitrine toute seule. J'essaie toujours de créer quelque chose de sympa avec les moyens dont je dispose.”

Réseaux sociaux

“Dès le début de Cezar, j'ai misé sur les réseaux sociaux, car j'en ai immédiatement vu l'intérêt. Je n'ai pas d'e-shop, mais via les réseaux sociaux, je parviens très bien à toucher et à inspirer les clients. Je doute qu'un e-shop soit intéressant pour un petit magasin comme le mien. Cela demande un sérieux investissement, également au niveau du stock. En outre, ce que j'aime le plus, c'est conseiller mes clients. Or, on ne peut pas le faire avec une boutique en ligne. Si une personne cherche de belles chaussures de communion, j'aime qu'elle vienne ici avec la tenue du jour afin de pouvoir avoir un aperçu global. Il faut que les chaussures aillent avec les vêtements et correspondent à la personnalité de l'enfant. Je ne peux pas non plus vendre de chaussures si je trouve qu'elles ne vont pas à quelqu'un. Je suis toujours honnête. Vendre pour vendre, cela ne sert à rien sur le long terme. Et mes clients apprécient énormément cette attitude."

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Mettre des limites

“Les réseaux sociaux sont très importants, mais il n'est pas toujours facile de les gérer. Il faut oser mettre des limites, car le consommateur actuel attend énormément et ne se fixe pas toujours une barrière. Il est déjà arrivé que des gens me contactent via les réseaux sociaux pour me demander si j'avais trois modèles précis, dans quelle couleur et à quel prix. Ou bien que l'on m'envoie une photo d'une tenue en me demandant quelles chaussures iraient bien avec. Avant, les gens étaient beaucoup moins informés en entrant dans un magasin. Maintenant, ils ont déjà écumé tout le web et ils savent exactement tout ce qui existe et combien ça coûte avant de procéder à l'achat chez vous. Et si vous n'avez pas le modèle en question, ils partent le chercher ailleurs.”

Une équipe de flexi-jobs

“J'ai la chance d'avoir pu composer une excellente équipe. Ce sont tous des flexi-jobs et des femmes qui sont également dans l'enseignement. Je travaille avec un planning dans lequel elles peuvent choisir les jours qui les arrangent. Je ne veux pas qu'elles ressentent ça comme une obligation. Cela doit rester agréable. Et c'est le cas, car elles sont dans mon magasin comme si c'était le leur. Deux d'entre elles m'accompagnent pour les achats, car nous avons toutes un style différent. Je trouve important qu'elles donnent leur avis et fassent des suggestions. Nous nous complétons parfaitement. De plus, elles se sentent énormément valorisées.”

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Le plus gros defi

“Le plus gros défi est que tout repose sur les bons achats à chaque saison. Au début, cela me rendait très nerveuse, car ces achats déterminent tout. Maintenant, cela va beaucoup mieux. Quand on a une bonne offre, le reste va tout seul. Quand je vais faire des achats, je sens très bien si ce sera une bonne ou une moins bonne saison. Je me laisse énormément guider par mon instinct, parce que je sais que je peux m'y fier. Parfois, je me laisse influencer par un représentant et en général, c'est pile ce modèle-la qui ne se vend pas bien. Je dois aussi travailler jouer et nuit. Il est très important d'être constamment au courant des tendances et d'être très actif sur les réseaux sociaux en postant de belles photos ou en changeant régulièrement la vitrine.“

“Je pense que ma force est d'avoir commence en periode de crise. Les choses ne peuvent que s'ameliorer”

L'aspect le plus chouette

“Je suis comblée, lorsque je vois les gens repartir en étant satisfaits. Je sais alors que j'ai accompli ma mission. Je remarque aussi que les gens reviennent. Ils apprécient mon service et mon honnêteté. Au début, j'ai fait énormément de publicité dans les journaux locaux et les dépliants. Maintenant, j'ai une bonne notoriété et mon public-cible est plutôt présent en ligne. Donc, je ne fais plus de publicité.”

L'avenir

“J'espère que je continuerai encore longtemps sur cette voie. Je n'ai pas tendance à vouloir faire les choses vite. Je pense que ma force est d'avoir commencé en période de crise. Je n'ai rien connu d'autre. Donc, les choses ne peuvent que s'améliorer. En outre, je continue à rêver secrètement de ma propre ligne de chaussures. Mais chaque chose en son temps. Je laisse les choses venir à moi et qui sait ce que l'avenir me réserve ...”