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19/02/2019 - MARIE VERHULST

LE NOUVEAU CORDONNIER VAN ES POURSUIT SA CROISSANCE

LE CORDONNIER STEVEN VAN ES OUVRAIT SON MAGASIN IL Y A QUATRE ANS DEJA

Un cordonnier investi corps et âme. C'est ainsi que l'on pourrait décrire Steven Van Es. Dès son plus jeune âge, il s'est passionné pour la fabrication de chaussures. Après avoir travaillé pour un cordonnier pendant un peu plus de dix ans en tant qu'employé, il a opté pour une tout autre carrière avant de finalement retourner à ses premiers amours il y a quatre ans en ouvrant sa propre boutique de cordonnerie à Lierre. Une décision audacieuse qu'il n'a jamais regrettée depuis.

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IL ETAIT UNE FOIS ...

“Par le passé, on pouvait suivre une formation de cordonnier ici à Lierre. J'ai toujours été passionné par ce métier et je n'ai pas eu à réfléchir longtemps pour m'inscrire. Après l'obtention de mon diplôme, j'ai signé un contrat d'apprentissage avec un cordonnier. Après cela, j'ai d'abord dû passer par la case du service militaire, mais j'y étais aussi cordonnier, ça a été très sympa! Puis, j'ai travaillé une dizaine d'années chez un cordonnier à Edegem. Mais en tant que cordonnier salarié, on ne gagne pas tant que ça et ma femme et moi songions à agrandir la famille. J'ai donc décidé de faire quelque chose de différent et j'ai travaillé pour un fournisseur de produits surgelés pendant longtemps. Mais après 14 ans, c'était fini.

Je me suis demandé ce que nous allions pouvoir devenir. J'ai alors sauté le cap et ouvert mon propre magasin de chaussures pour m'y consacrer pleinement. C'était il y a quatre ans maintenant. Ce n'est pas tous les jours facile, mais nous grandissons chaque année! Nous devons juste consolider notre réputation. Nous utilisons notre site web et notre page consacrée aux infos régionales. La façon la plus importante de se faire connaître, c'est le bouche-à-oreille. Des clients satisfaits finissent par dire du bien de nous, et cela touche de plus en plus de monde. Même si Lierre compte encore quatre cordonniers, ma clientèle ne cesse de croître.”

RETOUCHES

“En plus de la réparation de chaussures, nous offrons aussi la possibilité de faire des retouches sur les vêtements. Ma femme est couturière et nous avons pensé que cela faisait un bon complément. Mais nous avons pris le temps de nous décider. Tout a commencé à la demande des clients. Et comme nous avions de plus en plus de demande, nous avons décidé d'offrir ce service en standard. Finalement, nous ne prenions pas un grand risque, puisque ma femme avait toutes les machines nécessaires. Aucun investissement majeur n'était à prévoir. Ces deux activités se com­plètent bien. C'est aussi stratégiquement intéressant de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier. Si l'une des activités s'essouffle un peu, l'autre permet de compenser.”

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toujours aussi plaisant

“J'ai toujours eu un grand intérêt pour la cordonnerie. J'aime vraiment travailler avec mes mains et le meilleur dans ce travail, c'est qu'on rend aussi les gens heureux en leur rendant des chaussures remises à neuf. C'est vraiment très satisfaisant. Chaque jour est différent. On ne sait jamais ce qu'on aura entre les mains. Nous n'avons pas vraiment de spécialité, mais nous réparons beaucoup de fermetures éclair. Mais en règle générale, je répare tout. Je répare aussi beaucoup de matériel équestre, par l’intermédiaire de mes amis qui sont dans l’équitation.“

OFFRE

“Outre la réparation de chaussures et de vêtements, comme la plupart des cordonniers, nous vendons aussi des clés et des plaques d'immatriculation. Pour les ventes au détail, il s'agit surtout de produits d'entretien des chaussures, de ceintures, etc. Ensemble, cela représente environ 10% du chiffre d'affaires. Les clés 20%, et les réparations et retouches de chaussures reviennent à peu près au même.”

LA SOCIETE DU JETABLE

“Comme j'ai fait autre chose pendant 14 ans, il m'a fallu un certain temps pour m'y remettre, car la mode dans le secteur a énormément changé. Il me semble que de moins en moins de gens trouvent le chemin vers le cordonnier. Autrefois, les gens avaient le réflexe de faire réparer une chaussure. Mais maintenant, on les jette dès que quelque chose cloche. Nous vivons dans une culture de l'usage unique.“

”Autrefois, les gens avaient le reflexe de faire reparer une chaussure. Mais maintenant, on les jette des que quelque chose cloche”

Glissement

“Le nombre de personnes qui investissent dans une bonne paire de chaussures, diminue. Bien que je crois que cela varie assez bien d'une région ou d'une ville à l'autre. Ici à Lierre, plusieurs magasins vendent des chaussures de qualité, mais le grand public n'y va pas.”

UN COMPORTEMENT D'ACHAT DIFFERENT

“De plus, le consommateur moyen pense vraiment à court terme. Ils préfèrent de loin acheter une paire de chaussures tous les deux ou trois mois pour 40 euros plutôt que d'investir une fois tous les deux ans dans une bonne paire de chaussures. C'est absurde, car cela vous coûte beaucoup plus cher.”

PROBLEMES DE DOS

“Pour la jeune génération, c'est désastreux. Quand on voit à quel points les jeunes souffrent du dos, inutile d'aller chercher trop loin. Si vous marchez avec de mauvaises chaussures dès votre plus jeune âge, vous augmentez le risque de problèmes plus tard.”

ATELIERS

“J'ai essayé de parfaire quelque peu l'éducation de mes clients par le biais d'ateliers. Des questions centrales telles que 'comment puis-je voir que j'achète une chaussure de qualité' et 'comment devrais-je entretenir au mieux cette chaussure' ont été examinées. Malheureusement, les ateliers n'ont pas duré suite au manque d'intérêt. Maintenant, je conseille directement mes clients en magasin.”

collaborations

“Au début, j'ai essayé de mettre en place un système de collaboration entre plusieurs magasins de chaussures. Les personnes qui y achetaient leurs chaussures, pouvaient obtenir un bon de réduction, lorsqu'elles avaient besoin d'être réparées. Mais cette initiative spécifique n'a été que de courte durée. Depuis peu, je travaille avec un point de collecte à Heist-op-den-Berg. Les gens peuvent y laisser leurs chaussures, je vais les récupérer, je les répare puis je les ramène.”

winkelOPPORTUNITÉS

“La raison de ce système, c'est que le cordonnier a arrêté de travailler et que je ne voulais pas laisser cette région inexploitée. En ce moment, beaucoup de logements sont créés à Lierre et il y a des régions autour de Lierre où il n'y a pas de cordonniers actifs. Cela nous donne l'occasion de grandir. Mais ces gens doivent trouver leur chemin vers notre cause. C'est pourquoi nous continuons d'investir dans la publicité. Je garde toujours un œil sur tout, mais bien sûr, tout doit rester réalisable. Le but n'est certainement de passer mes journées en voiture. Je n'aime pas non plus que mes clients doivent attendre longtemps. J'essaie de leur faire récupérer leurs chaussures après deux ou trois jours.

Réparations à la minute

Ce que je ne fais pas, ce sont les réparations à la minute. Parfois, des gens viennent ici pour faire réparer un talon dans l'immédiat, mais je n'accepte pas. Les réparations que vous faites trop rapidement, sont rarement bien faites. Je donne aussi une garantie. Si la chaussure se casse immédiatement après ma réparation, le client peut la rapporter et je recommencerai gratuitement. Il en va de même pour les retouches de ma femme. Je préfère qu'ils reviennent plutôt que de partir et d'aller voir ailleurs.”

METHODE DE TRAVAIL

“Pour l'instant, les clients ne paient qu'une fois que les chaussures ont été réparées. Mais je sais que beaucoup d'autres cordonniers ne le font plus et font payer le client à l'avance. Personnellement, je ne suis pas pour cette approche, car le client doit d'abord voir ce pour quoi il paie réellement. J'ai aussi peur que si je change cette méthode, mes clients viennent moins facilement. Et comme je ne travaille que depuis quatre ans, je ne veux pas prendre ce risque.”

pics d'activité

“Je travaille surtout d'octobre à mi-décembre et de mars à mai. Je constate que cela correspond aux saisons. Les gens font réparer leurs chaussures avant le début de l'été ou de l'hiver.”

POSSIBILITES DE FORMATION

“Ce n'est un secret pour personne: le métier de cordonnier est en train de disparaître. Mais cela n'a rien d'étonnant quand on se rend compte qu'en Belgique, il est quasi im­possible de trouver une formation pour ap­prendre ce métier ou approfondir vos connaissances en tant que cordonnier. Il serait préférable de former les élèves cordonniers directement auprès d'un cordonnier. Il y a tant de cor­donniers qui ont trop de travail et qui ont besoin d'une aide supplémentaire. Je ne trouve pas juste que, pour devenir cordonnier, vous n'ayez pas besoin d'un diplôme, alors que c'est un vrai métier d'artisan.”

AVENIR

“Sur le long terme, j'aimerais offrir la possibilité aux gens d'envoyer leurs chaussures pour réparation et de les retourner après réparation. Mais cela n'est rentable que pour les chaussures de qualité, et je n'en reçois pas suffisamment. Mon objectif est de continuer à faire ce que je fais maintenant et de continuer à me développer. Lorsque des opportunités se présentent, j'aime pouvoir y réfléchir, sans prendre trop de risques, évidemment.”