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30/01/2019 - MARIE VERHULST

Vandercammen croit en la force du magasin physique

le confort de la formule one-stop-shop pour des chaussures et des vetements

Du fournisseur de sabots en bois au magasin de chaussures et de vêtements à part entière. Depuis 2001, Emmanuel Vandercammen est la troisième génération au sein de l'entreprise familiale, qu'il a transformée en une boutique confortable où vous pouvez vous rhabiller de la tête aux pieds. La philosophie de Vandercammen est axée autour d'un excellent service, d'une offre de qualité et surtout d'une atmosphère détendue. Autant d'ingrédients qui ont toujours su attirer les consommateurs vers le point de vente physique.

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Une entreprise familiale

Emmanuel Vandercammen: “L'entreprise familiale a vu le jour ici à Ronse en 1977 lorsque mes parents ont ouvert un magasin de chaussures. Mais notre histoire dans l'industrie de la chaussure a commencé beaucoup plus tôt lorsque mon grand-père faisait du vélo de ferme en ferme pendant la guerre pour vendre des sabots en bois. Plus tard, il est devenu grossiste en sabots, bottes et pantoufles de gymnastique. Depuis 2001, j'ai rejoint l'entreprise. Cela fait de moi la troisième génération à y travailler. Bien que j'aie grandi entre les boîtes à chaussures, ce n'était pas évident pour moi d'entrer dans l'entreprise. C'est ma mère qui m'a demandé si je ne voulais pas essayer, sans aucune obligation. J'ai finalement accepté et au final, je me suis rendu compte que j'aimais vraiment ça. Entre-temps, ma femme Renée a aussi rejoint l'entreprise. Nous nous arrangeons sans problème et travaillons très bien ensemble. Il le faut, parce que cela veut dire passer 7 jours sur 7 l'un avec l'autre.“

Renée: “En fait, j'ai d'abord travaillé dans la restauration. Mais après mes études, j'ai atterri dans un magasin de vêtements pendant un certain temps et j'ai remarqué que j'étais très à l'aise. J'aime l'aspect social et le fait d'être occupé avec les vitrines et les vêtements du magasin. Quand j'ai fait la connaissance d'Emmanuel, j'ai pu à nouveau me faire plaisir avec les vêtements.“

GROSSE RENOVATION

Emmanuel: “En 2014, nous avons non seulement rénové le magasin en profondeur, mais nous avons également pu acheter l'immeuble voisin et relier les deux magasins l'un à l'autre. C'est ainsi que nous avons pu créer un grand magasin. La première partie est restée réservée aux chaussures, mais les gens peuvent la traverser à présent pour se retrouver dans la partie vêtements. Nous offrons à nos clients la possibilité de trouver avec nous une tenue complète et qui correspond vraiment à leurs goûts. De plus en plus de clients trouvent ça vraiment facile d'entrer dans un seul magasin pour trouver tout ce qu'ils cherchent. Le mot expérience est aujourd'hui omniprésent et est malheureusement souvent utilisé à mauvais escient. Mais j'y travaillais sérieusement depuis 5 ans déjà, alors nous voulions vraiment proposer cette assortiment double.“

AMBIANCE DECONTRACTEEvandercammen

Emmanuel: “Nous voulions faire du magasin un endroit où l'on se sent bien et où l'on ne sent pas obligé d'acheter quelque chose. Dans la conception originale, par exemple, le comptoir du magasin se trouvait à l'avant du magasin. Cela envoyait un signal un peu trop clair aux clients qui arrivent: ‘ici, il faut acheter’. Maintenant, la caisse se trouve à l'arrière du magasin et les clients ont tout le loisir de regarder les produits et de trouver l'inspiration. Et ils se rendent compte assez vite qu'ils peuvent passer à côté dans le magasin de vêtements. Je voulais aussi que la vitrine du magasin soit agrandie pour attirer les gens dans le magasin. En termes de matériaux, nous avons choisi le bois, le cuir et des éléments vintage. Nous sommes restés dans le même esprit pour la section des vêtements, bien que j'aie fait la rénovation tout seul.“

'LA DAME DU MAGASIN DE VETEMENTS'

Emmanuel: “Bien que ma femme et moi n'ayons pas notre propre service, c'est parfois ce que croient les clients. Cela dépend de qui travaille où. Il m'arrive souvent d'être dans les vêtements, mais je remarque que certaines femmes ont encore du mal à venir trouver un homme pour demander des conseils sur les vêtements. Renée est vraiment considérée comme la dame du magasin de vêtements.“ un profil type de client? Emmanuel: “On peut dire de nos clients qu'il s'agit de personnes à la recherche de chaussures tendance dans une gamme de prix moyenne et qui portent une certaine attention à l'origine du produit. Nous prenons du plaisir à expliquer l'origine de tel ou tel article, comment il a été fabriqué et quelle est son histoire. Je constate que le consommateur moyen est de plus en plus sensibilisé. Les produits sur lesquels des 'petites mains' ont travaillé sont rapidement exclus. De plus, c'est une réelle valeur ajoutée de pouvoir raconter une histoire aux clients. Au début, ils trouvent que 300 euros c'est beaucoup pour un sac à main, puis une fois que j'ai raconté l'histoire de ce sac, ils n'achètent pas seulement le produit, mais aussi toute son histoire et le prix en devient d'un coup tout à fait acceptable.“

“Je prefere avoir une concurrence saine plutot que d'etre le seul magasin en ville. C'est ce qui vous maintient en forme”

FLANDRE VERSUS WALLONIE

Emmanuel: “Comme nous sommes vraiment à la frontière entre la Flandre et la Wallonie, ici à Ronse, cela se reflète aussi dans notre clientèle. C'est très intéressant et varié pour nous, mais en même temps, c'est aussi un très grand défi. Les Wallons choisissent des chaussures complètement différentes des clients flamands. Nous devons donc faire preuve de pas de créativité avec nos fournisseurs pour composer notre assortiment.“

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CLIENT EST ROI, COMMERCANT EST EMEREUR

Emmanuel: “Je constate que les clients sont de mieux en mieux informés lorsqu'ils arrivent dans le magasin. Mais ce n'est pas une mau­vaise chose, parce que les clients qui savent ce qu'ils veulent sont les plus faciles. Moins po­sitif, c'est que le consommateur prend un peu trop ses aises. Il n'hésite pas longtemps à demander une réduction, ou s'il remarque un petit défaut, il réclame une remise de 10%. Par­fois, c'est vraiment difficile de garder sa lan­gue dans sa bouche. Il faut beaucoup de pa­tience. Notre devise: ‘Le client est roi, mais je suis l'empereur’, il y a des limites. C'est très rare que le client aille trop loin.“

LES PROMOTIONS A LA CHAINE TUENT LE COMMERCE

Emmanuel: “Je ne suis pas un fan des promotions que l'on balance à tout-va au consommateur. A l'arrivée de la nouvelle collection, je vois beaucoup de collègues qui organisent des portes ouvertes avec promotions, mais cela nuit au secteur. C'est comme cela que l'on fait du client une personne habituée à toujours acheter des produits en bénéficiant d'une réduction. Nous ne voulons pas être complice. Par contre, nous offrons un rabais sur le prochain achat après chaque vente.“

LE CONFORT AVANT TOUT

Emmanuel: “Nos clients demandent surtout des chaussures confortables et nous adaptons notre offre en conséquence. Cela n'a aucun intérêt de chercher à vendre des chaussures que personne ne voudra porter ici. Notre spécialisation dans le confort a évolué avec le temps. Nous aimons proposer plusieurs marques. En plus des fournisseurs fixes, nous restons attentifs afin de découvrir les nouvelles marques. Nous le faisons lors de foires com­merciales. Comme nous avons deux jeu­nes enfants, c'est plus difficile de se rendre aux sa­lons à l'étranger, mais nous trouvons facilement ce qui nous plaît au Trademart. Presque tous les lundis, nous allons y voir l'une ou l'autre collection.“

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UNE CONCURRENCE SAINE

Emmanuel: “Il y a pas mal d'autres magasins indépendants à Ronse et c'est une bonne chose. Je pense que chaque magasin a sa propre clientèle régulière. De plus, cette concurrence fait en sorte que les clients qui ne trouvent pas ce qu'ils cherchent chez mon concullègue viendront chez moi, et vice versa. Cela vous apporte de nouveaux clients. Je préfère avoir une concurrence saine plutôt que d'être le seul magasin en ville. C'est ce qui vous maintient en forme. C'est à vous de vous distinguer avec votre magasin. Notre stratégie, c'est d'être le plus sympathique possible. Cela peut sembler évident, mais cela fait vraiment une différence. Je prends toujours le temps d'aider le client qui cherche une nouvelle paire de chaussures. Nous connaissons aussi bien nos clients et nous nous adressons à eux par leur nom. Ma mère n'aime pas trop ça, mais à son époque, c'était différent. Il fallait s'adresser à tout le monde à grands coups de madame et mon­sieur, mais plus aujourd'hui. Nous proposons aussi à nos clients une tasse de café ou un petit verre, pour les mettre à l'aise. Les clients viennent aussi au magasin pour moi. J'ai déjà eu des clients en vacances au bord de la mer qui ont trouvé une belle paire de chaussures, mais qui veulent à tout prix les acheter chez moi. Je trouve ça génial qu'ils me le demandent. Ça veut dire qu'ils aiment venir ici.“

Je crois fermement au pouvoir d'un magasin physique. Et puis je constate que le consommateur a de nouveau du plaisir à se rendre en magasin, s'il y est bien accueilli et vit une expérience positive.

VISIBILITE EN LIGNE

Emmanuel: “Nous n'avons pas (encore) de site web, mais pour l'instant je n'en vois pas l'utilité. Dès notre inscription sur Facebook, nous avons compris son énorme potentiel. De plus, je suis convaincu que Facebook touche plus de gens qu'un site web. Sans l'intention de vendre nos produits en ligne, un site web n'a aucun intérêt pour le moment. Nous pourrions créer une boutique en ligne. Mais j'ai quand même pas de doutes par rapport à cela. Il paraît que 90% des chaussures vendues en ligne sont retournées. Et cela vous prend énormément de temps, pour des articles qui restent finalement invendus. Je crois fermement au pouvoir d'un magasin physique. Et puis je constate que le consommateur a de nouveau du plaisir à se rendre en magasin, s'il y est bien accueilli et vit une expérience positive. J'ai beaucoup investi dans les rénovations, alors je vais attendre encore un peu avant de me lancer dans l'aventure d'une boutique en ligne.“

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FUTUR

Emmanuel: “Pour l'instant, nous avons prévu de poursuivre sur notre lancée et de développer davantage le concept chaussures-vêtements. En ce qui concerne l'avenir du secteur, je pense que les fabricants en particulier devraient faire un effort pour leurs clients afin que les détaillants puissent fournir un meilleur service. L'idéal, ce serait de commander des chaussures via une plate-forme B2B, pour les recevoir au magasin dès le lendemain. En fait, je trouve presque étrange que ce ne soit pas encore la norme en 2019. Bien entendu, cela implique aussi un fameux investissement de la part des fabricants.“

GLISSEMENTS

“En outre, le climat actuel est également l'un des plus grands défis pour les ventes de chaussures. A la mi-février au plus tard, les collections d'été sont déjà dans la boutique, alors qu'il gèle à pierre fendre dehors, et vice versa l'été. Je ne crois pas qu'il faille aller jusqu'à la suppression des soldes, car tout le monde risque d'organiser des périodes de promotions dans tous les sens et ce sera un fiasco sans précédent. Mais déplacer les soldes pourrait être une bonne idée. Je pense que ceux qui achètent et vendent de manière réfléchie aujourd'hui et qui gardent leurs stocks en bon état n'ont pas de raison de s'inquiéter quant à leur survie. Par contre, en vivre confortablement, c'est autre chose. Mais ces questions sont depuis longtemps derrière nous.“