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16/01/2019 - RENÉ BROEKAERT

Baromètre décembre 2018 - partie 3

PERIODE D'ATTENTE ET SOLDES: L'ANARCHIE LA PLUS TOTALE!

Plus que jamais, la politique des prix dans le secteur de la chaussure et de la mode est la question la plus importante lors de l'évaluation des résultats commerciaux. Les lois et règlements concernant les périodes d'attente et de soldes ont été complètement bafoués. A quoi sert la période d'attente si des rabais importants sont déjà offerts en décembre sous le prétexte d'une offre conjointe? Le consommateur n'est pas aveugle et comprend très bien ce qui se passe. Ajoutez à cela les bonnes affaires supplémentaires pendant l'année, le Black Friday, le Cyber Monday et toutes les autres réductions pour la Saint-Nicolas, par exemple … et c'est la porte ouverte à tous les excès.

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PLUS DE SOLDES?

De plus en plus de détaillants en chaussures se posent de sérieuses questions concernant les soldes et les réductions.

1. La législation est dépassée.
La période d'attente est complètement sapée par le fait que les offres conjointes sont autorisées, alors que la Loi sur les pratiques commerciales stipule ceci: "… pendant la période d'attente, il est interdit d'annoncer ou de suggérer des réductions de prix". En revanche, il est autorisé d'accorder une remise de 50% sur une deuxième paire.

2. Le timing de la période des soldes est totalement déconnecté de la réalité.
Selon l'IRM, février est le mois le plus froid et août le plus chaud. Or, les soldes commencent début janvier et début juillet. Logiquement, ces périodes devraient être reculées d'au moins deux mois. Encore un extrait de la Loi sur les pratiques commerciales: "… on entend par vente en solde toute offre en vente … pratiquée en vue du renouvellement saisonnier de l'assortiment d'un vendeur …". Début juillet (et en pratique dès le mois de juin), si les jours les plus chauds sont encore à venir, c'est une aberration absolue d'accorder une réduction sur les sandales. Idem pour l'hiver.

3. Le gouvernement n'a aucun contrôle sur ce qui est offert sur le marché en ligne depuis l'étranger.
Le droit belge n'est applicable nulle part. Les offres inférieures au prix d'achat et la vente à perte sont interdites en Belgique. Mais depuis l'étranger, il n'y a aucun contrôle.

4. Au contraire, le commerce en ligne étranger est toujours subventionné par l'Etat belge.
Il suffit de voir le tapis rouge (sous forme d'abattements fiscaux et de subventions) que l'on déroule pour l'implantation d'une plate-forme de commerce étrangère à Liège ... "Nous créons 3.000 nouveaux emplois avec ces centres de distribution", déclare le Vice Premier Ministre Peeters. En revanche, combien d'emplois perdus dans le commerce de détail indépendant?

5. La législation n'est pas contrôlée et certainement pas sanctionnée.
Beaucoup de filiales la bafouent allègrement.

6. Les grandes marques de chaussures et de maroquinerie l'ont déjà compris.
Chez Vuitton, Delvaux, Hermes, Prada et autres Chanel, le mot 'réduction' a complètement disparu.

UNE APPROCHE TOTALEMENT DIFFERENTE?

Personne ne peut prédire comment les choses vont évoluer. Le fait est qu'avec les marges actuelles, le commerçant classique ne peut pas gagner la bataille contre les casseurs de prix. Une nouvelle tendance se dessine: de plus en plus de détaillants refusent d'entrer dans la surenchère de réductions. Plus de Black Friday, ni d’offre conjointe. Juste des réductions pendant les soldes puis uniquement sur les restes de la saison en cours. Ou même une approche complètement différente: tout au long de l'année, quelque part dans un coin à part du magasin, une étagère avec des modèles à prix réduit qui sont vraiment à la fin de leur saison. Si l'on supprime les réductions, la marge bénéficiaire normale est maintenue, la crédibilité du détaillant est rétablie et l'on dispose du temps et des ressources nécessaires pour offrir au client un service positif d'une autre façon.