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13/12/2018 - RENÉ BROEKAERT

BAROMETRE DES AFFAIRES OCTOBRE 2018: LEGERE HAUSSE DU CHIFFRE D'AFFAIRES

PEU D'ENTHOUSIASME CHEZ LES DETAILLANTS EN CHAUSSURES INDEPENDANTS

René Broekaert

Novembre 2018 fut un mois 'à oublier au plus vite', comme c'est parfois l'expression consacrée. L'année dernière, novembre fut 'un mois de vente calme'; le onzième mois de cette année a fait un petit peu mieux (+1% de chiffre d'affaires et autant pour les paires), mais ceci est absolument insuffisant pour compenser la perte structurelle des onze premiers mois (-3,9% de chiffre d'affaires et -2,9% du nombre de paires).

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Le détaillant en chaussures indépendant dans notre pays connaît désormais depuis plus de cinq ans une baisse constante du chiffre d'affaires, qui oscille autour des 3,5% (à l'exception de l'année dernière, lorsque la perte est restée limitée à 0,7%). La perte cumulée des dernières années commence à peser fortement sur la politique dans le secteur. Moins d'achats, chercher des collections avec une marge plus élevée, proposer un confort plus classique (= certitudes), ce sont tous des moyens de détourner la pression, mais à long terme, le détaillant en chaussures traditionnel aspire tout de même à des temps meilleurs. Il semble également que les efforts sérieux des commerçants indépendants (transformations, nouveaux étalages, animation, …) génèrent aujourd'hui nettement moins un effet dopant direct sur le chiffre d'affaires qu'il y a, disons, 10 ans.

L'E-VENTE ET LES FILIALES FONT MIEUX

Les filiales plus grandes réussissent mieux à inverser la tendance. Les marges dans le secteur sont sensiblement plus élevées que dans le commerce de détail indépendant, de telle sorte que l'offre d'une réduction de 10% chez les discounters donne encore toujours de meilleurs résultats finaux que la vente au prix 'normal' dans les sociétés unipersonnelles.

La vente par Internet écrème aussi une partie importante du marché. Pas seulement les grands Zalando et autres bol.com, car les succursales dans notre pays ont souvent rejoint également le carrousel de l'e-commerce, une forme commerciale qui ne peut pas être rentable pour le 'petit' commerçant. Un site web en guise d'étalage est un excellent outil publicitaire, mais expédier les modèles de son propre stock (et autoriser le retour gratuit) est pour la grande majorité des commerçants traditionnels un évident poste de perte.

De plus, le commerce de détail indépendant ne reçoit certainement aucune aide de notre gouvernement (entre-temps tombé?). Le ministre Kris Peeters fut pendant des années l'homme fort d'Unizo, le défenseur par excellence de l'entrepreneur indépendant. Lorsque nous voyons maintenant dans quelle mesure on déroule le tapis rouge devant la grotte d'Alibaba, nous constatons que Peeters s'enorgueillit des 3.000 nouveaux emplois (“dont 2800 chauffeurs", écrit un commerçant avec un clin d'œil). Cependant, il oublie de mentionner le nombre d'emplois que cela coûte dans le commerce de détail indépendant. Et n'était-il pas vrai que la grotte d'Alibaba était un repaire de voleurs dans la fable, … et aujourd'hui …?